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L'incontinence urinaire: symptômes et traitements

Par Dr Alain Bitton, le 27-02-2009

Définiton et diagnostic

L'incontinence urinaire, dite aussi miction involontaire, touche environ 500'000 personnes en Suisse, dont une majorité de femmes. Elle se définit par toute fuite involontaire d'urine dont se plaint le ou la patiente et dont l'origine est souvent multifactorielle. Cette faiblesse de la vessie peut prendre diverses formes, dont parmi les plus fréquentes: l'incontinence de stress ou d'effort (effort physique, toux, rire, etc.), l'incontinence d'urgence (besoin immédiat d'uriner), l'incontinence par regorgement (lorsque la vessie n'est pas complètement vidée lors de la miction) ou l'incontinence réflexe (miction complète et involontaire).
Le plus souvent, ces différents types se combinent et l'on parle d'incontinence mixte.

 


Diagnostic

Le fait d'uriner plus de 6 à 8 fois par jour ou de devoir se lever la nuit peut représenter un symptôme de pathologie urinaire qu'il faudra dépister et traiter.

Pour déterminer et comprendre les causes d'une incontinence, il est important de consulter un médecin qui vous remettra pour préciser son diagnostic un calendrier mictionnel. Il s'agit d'un agenda journalier permettant de répertorier les événements mictionnels en fonction de la quantité de boissons prise et des activités quotidiennes. Le calendrier mictionnel est un miroir assez fidèle de l'activité ainsi que du comportement de la vessie et, de par sa simplicité, il est le premier pas dans le diagnostic d'un dysfonctionnement vésical.

 

Ce calendrier devra être complété par tranche de 24 heures en indiquant précisément :

 

  • le volume de liquide absorbé
  • le volume d'urine (à l'aide d'un récipient ad hoc)
  • le caractère urgent de la miction
  • l'importance des fuites urinaires
  • l'heure du lever et du coucher

Traitements

Après avoir établi le diagnostic en fonction du type d'incontinence, votre médecin pourra vous orienter soit vers un spécialiste en vue d'effectuer d'autres examens (cystoscopie, bilan urodynamique, cystographie), soit débuter un traitement médicamenteux, combiné ou non à une rééducation du plancher pelvien, afin de renforcer les muscles qui contrôlent la vessie.

 

 

Rééducation du plancher pelvien

Ce type de traitement, qui peut aussi être conseillé de manière préventive, nécessite dans un premier temps l'accompagnement par une personne qualifiée afin de reconnaître et de cibler l'effort sur le groupe de muscles concernés par la faiblesse urinaire.

Différents exercices peuvent être entrepris, qui vont de la gymnastique rééducative à des procédés d'élécrostimulation ou encore de stimulation magnétique.


D'autres conseils sont préconisés pour faciliter cette rééducation vésicale, afin d'accroître petit à petit la capacité de la vessie, ce qui peut être facilité par l'usage du calendrier mictionnel mentionné ci-dessus.

Il s'agit d'augmenter ainsi l'intervalle entre les mictions, afin que la vessie puisse contenir et retenir davantage de liquide (rééducation vésicale).

L'apport de boisson quotidien (de préférence eau minérale, tisane ou thés non sucrés) devra rester constant (entre 1 et 2 litres par jour) et le patient essaiera d'espacer progressivement la fréquence des vidanges de sa vessie.

 


La chirurgie comme dernier recours

En cas d'échec du traitement conservateur (médicament, rééducation), une solution chirurgicale peut être proposée. Les techniques modernes à disposition étant nombreuses et complexes, c'est bien souvent le spécialiste qui à l'issu des examens précités pourra déterminer l'intervention la mieux adaptée et conseiller en fonction de l'effet attendu et du risque fonctionnel.

 

Conseils pratiques

 

 

En cas d'urgence, et ceci afin d'arrêter un besoin irrépressible d'uriner, on peut par exemple tout simplement se pencher en avant, comme pour refaire ses lacets. Cette position permet d'inverser la direction de la pression dans le bassin et de relâcher celle qui s'exerce sur la vessie.

 

 

 

 

Par ailleurs, différentes recommandations générales sont préconisées afin de ménager sa vessie:

 

 

  • Ne pas se forcer à uriner ou au contraire, à se retenir trop longtemps. Ne pas pousser en urinant.
  • Si le sport est conseillé, on évitera également ceux qui impliquent des chocs de toute nature. La marche, la natation ou le cyclisme seront privilégiés.
  • Il est important d'adapter sa posture, le port de talons haut est notamment à éviter.
  • Afin d'éviter la pression sur la vessie par d'autres organes, il est également conseillé de veiller à son transit intestinal et notamment de traiter les problèmes de constipation. De même, une surcharge pondérale peut accroître ce phénomène.
  • Il est enfin important de ne pas réduire sa consommation de liquides en cas d'incontinence, afin d'assurer un bon fonctionnement du système urinaire, notamment du drainage de la vessie mais également du haut appareil urinaire.