Moins de chocolat et plus de mouvement!
L’obésité chez les enfants et les adolescents ne cesse d’augmenter dans le monde. On pense là évidemment d’abord aux Etats-Unis. Si le nombre d’enfants obèses y était encore pratiquement stable au début des années 1980, on a assisté en l’espace d’une décennie à un doublement du nombre de cas. Cette véritable épidémie, qualifiée par l’Organisation mondiale de la santé de problème de santé alarmant,n’est pourtant pas une spécialité purement américaine. Plusieurs études en provenance de différents pays européens rapportent des tendances comparables.
Suisse: un enfant sur cinq en surpoids
Les chiffres actuels du monitoring du poids des services médicoscolaires des villes de Bâle, Berne et Zurich confirment que le fléau n’épargne pas la Suisse. Cette analyse a en effet trouvé qu’un enfant sur cinq examiné au cours de l’année scolaire 2006/07 était en surpoids et qu’un sur vingt était obèse. Certaines différences socioculturelles sont clairement apparues,puisque les enfants d’origine étrangère présentaient un surpoids presque deux fois plus souvent que les Suisses. Une analyse des données concernant le poids, réalisée dans le canton de Bâle-Ville, a de plus trouvé que la proportion des enfants et des adolescents en surpoids a plus que doublé depuis le début des années quatre-vingts.
Les conséquences de cette augmentation sont inquiétantes. Les maladies que nous ne constations auparavant que chez des adultes apparaissent désormais déjà chez nombre d’enfants et d’adolescents en surpoids. On pense ici surtout aux affections orthopédiques, métaboliques, endocriniennes et cardiovasculaires. Une étude allemande a même rapporté que près de 7% des enfants et adolescents obèses souffrent d’un trouble du métabolisme du glucose et que 1,6% d’entre eux présentent même un diabète de type 2 manifeste. Et les conséquences psychosociales péjorent encore le tableau par une association avec les mauvais résultats scolaires, l’exclusion sociale et la perte de confiance en soi.
Surpoids – une définition
D’une manière générale, on entend par surpoids un excès de masse adipeuse, reposant sur un déséquilibre entre les apports et la dépense d’énergie. Dans la pratique clinique de tous les jours, le IMC (indice de masse corporelle) s’est imposé en tant que méthode de mesure de référence chez les enfants. Contrairement à ce qui se passe chez l’adulte, la masse grasse du corps se modifie chez l’enfant en fonction de l’âge et du sexe, ce qui complique la définition des normes. On observe ainsi des modifications typiques du IMC durant les premières années de vie et au cours de la puberté. Il augmente après la naissance et atteint un maximum à l’âge de 8 mois chez la fille et à 9 mois chez le garçon. Il redescend ensuite dans les deux sexes jusqu’à une valeur minimale de 15,3 kg/m2. Ce minimum se situe vers l’âge de 5 ans chez le garçon et de 4,5 ans chez la fille avant de suivre à nouveau une pente lentement ascendante.
Causes
La régulation du poids repose sur des facteurs aussi bien biologiques qu’environnementaux. La disponibilité permanente et en abondance de la nourriture ainsi que la modification des activités physiques sont les facteurs clés.
Traitement et prévention
L’approche thérapeutique doit se faire à plusieurs niveaux. On place aujourd’hui au premier plan les traitements multidisciplinaires intégrant les parents et fondés sur les différents aspects nutritionnels, comportementaux et relatifs à l’activité physique. De vastes programmes de promotion d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière sont en effet en cours d’élaboration à travers la Suisse. Le programme «Un poids sain», appliqué dans le canton de Bâle-Ville depuis le début de l’année 2007, en est un exemple. Le canton de Bâle-Ville a démarré ce programme dans l’esprit des stratégies nationales élaborées par l’Office fédéral de la santé publique et par la Fondation suisse de promotion de la santé. Il s’agit d’un paquet de mesures dont le but est de sensibiliser la population à l’importance d’une alimentation saine et d’une activité physique quotidienne. La promotion de la santé chez les enfants et les adolescents y occupe une place essentielle. C’est ainsi qu’ont été introduites dans le cadre de ce train de mesures une collation saine dans tous les jardins d’enfants et dans toutes les écoles.
Les diverses activités préventives mises en place et le renforcement du dépistage et du traitement précoces des enfants en surpoids ont pour but d’inverser la tendance selon le slogan: moins de chocolat et plus de mouvement.
Adaptation de l’article paru dans : HIGHLIGHTS Forum Med Suisse 2008;8(51–52):1017–1018 1017
Dr Thomas Steffen, MPH
Gesundheitsdepartement
Basel-Stadt
Abteilung Gesundheitsförderung
und Prävention
St. Alban-Vorstadt 19
CH-4051 Basel
g-p@bs.ch
www.gesundheitsdienste.bs.ch

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